Corinne Lepage: Loon-Plage et Grand Fort Philippe

Corinne Lepage, tête de liste, jeudi sur le littoral

Le Modem face aux réalités

jeudi 21.05.2009, 14:00 le phare dunkerquois

 
Corinne Lepage, tête de liste Modem, à Dunkerque.

C'est à Loon-Plage que Corinne Lepage, candidate tête de liste nord-ouest du Modem de François Bayrou, a effectué jeudi sa première étape sur le littoral dunkerquois.

« Je venais appréhender la situation sur Loon-Plage, et pas à la "jungle" de Calais, pour marquer la globalité de ce problème. Demain ce problème touchera Boulogne, si les ferries en partent ». Elle venait là en particulier à l'invitation du Loonois, Gaëtan Hermant (conseiller municipal du groupe minoritaire, responsable des Jeunes démocrates).
L'ancienne ministre esquissa un tableau de la situation, pointant « l'espèce d'ambiguïté entretenue par la Grande-Bretagne ». « Au niveau européen, il faut réfléchir avec nos amis anglais ; l'Angleterre a créé un appel d'air ». Dans l'immédiat, « il faut prendre en compte le problème ; mais ne pas oublier la lassitude des populations locales » s'empressa-t-elle d'ajouter.
Corinne Lepage balaya d'autres sujets prégnants au niveau local et avec une forte connotation européenne. Il en va ainsi de la politique industrielle. La candidate s'interrogea sur l'opportunité de « secteurs stratégiques où l'Europe doit garder les manettes. Je crains qu'il soit très difficile de recréer une sidérurgie européenne ». Mettant en garde « aux Etats-Unis, le fin du fin aura été de faire du service ; cela nous revient comme un boomerang.
Mais nous ne pourrons pas passer outre l'obligation de produire peut-être moins de produits, et surtout plus propres "écologiquement" parlant et beaucoup moins gaspilleurs en énergie ».
Faisant suite, le sujet de la pêche a éveillé un intérêt certain chez la candidate Modem, « une profession que je défends depuis 25 ans ; et avec qui j'ai des liens très forts ». L'avocate cite d'abord les pêcheurs de Dunkerque et Grand-Fort-Philippe, luttant voilà 20 ans, contre l'usine chimique Tioxide à Calais. « Ils étaient les premiers gardiens de la mer contre toute pollution industrielle », lance-t-elle. « Bien sûr on peut aller chercher telle ou telle espèce où la ressource manquerait ; ce qu'il faut davantage voir c'est appréhender sur le plan global dans le sens d'une pêche durable, car la profession se trouve en grande difficulté », ajoutait-elle sur le ton de l'urgence, réclamant davantage de « transparence sur les quotas, leur répartition, et la réalité sur les ressources », taclant au passage l'aquaculture « présentée à tort comme la panacée ».
Ainsi la présence remarquée du Modem en terres dunkerquoises, de tradition de Gauche, a marqué les esprits de Verts (soulignant le déplacement sur le "camp" de migrants de Loon-Plage) ou des socialistes, nationalement notamment, de plus en plus virulents à l'encontre du Modem. Devenus la cible croisée «  d'attaques politiques », Olivier Henno (n°2 de la liste nord-ouest) lâche : « nous oxygénons le débat public ». Le maire de Saint-André-lez-Lille, au fait des débats dunkercodunkerquois note « les interventions dans le débat municipal (de Pierre Yana ou Edith Varet) sur des questions comme la santé publique ou les transports avec le tramway, la place de l'industrie lourde... Ici, comme en France, le Modem vient enrichir un débat qui venait singulièrement à s'appauvrir », insiste l'élu. De quoi passionner l'électeur ?

L.B.